Classé sous Réflexions sur les arts et le développement de public le 03/26/2012 04:27 03/26/2012 04:27 par Denis Bertrand

Le 26 mars 2012
Excellent article de la journaliste Caroline Rodgers dans le premier numéro du magazine Nouveau projet (photo) sur les défis contemporains que doit relever le monde de la musique classique pour joindre les deux bouts, y compris ses publics. Je dirais même que les arts classiques en général (théâtre, danse, opéra, etc.) sont confrontés à des défis similaires. Le chef d’orchestre Jean-Philippe Tremblay y affirme ce qui suit :
Il ne faut pas avoir peur de sortir de la salle de concert pour aller rejoindre les gens dans différents endroits et différents contextes.
En guise d’exemple, M. Tremblay mentionne que l’Orchestre de la Francophonie qu’il dirige a déjà présenté la Symphonie fantastique de Berlioz avec l’aide d’un DJ et de projections visuelles. Les spectateurs pouvaient même prendre un verre et se déplacer pendant le concert.
Le public que l’on a attiré n’était pas du tout celui que l’on voit d’habitude. Il était plus jeune et la qualité de l’écoute a été exceptionnelle.
Ainsi, avec un peu d’imagination et d’efforts, il est possible de joindre de nouveaux publics.

Denis J. Bertrand
Classé sous Réflexions sur les arts et le développement de public le 03/13/2012 01:57 03/13/2012 01:57 par Denis Bertrand

Le 13 mars 2012
Quatre organismes artistiques de la région de San Francisco (dont le Axis Dance Company, photo ci-jointe) ont profité d’octrois de la fondation américaine Wallace Foundation pour entreprendre de nouvelles activités de développement de public et de participation culturelle. Leurs démarches sont documentées dans cette capsule vidéo (en anglais). Vous y découvrirez les approches qu’ils ont adoptées pour connaître les intérêts de leurs publics et l’utilisation qu’ils ont fait des médias sociaux pour joindre et garder le contact avec ceux-ci. Cette vidéo sera d’un intérêt particulier aux diffuseurs et producteurs des arts de la scène, les musées et les galeries d’art, les festivals, ainsi que les organismes qui desservent ou qui veulent desservir les communautés culturelles. Je remercie ma collègue Shoshana Fanizza pour ce tuyau.

Denis J. Bertrand
Classé sous Réflexions sur les arts et le développement de public le 03/13/2012 07:51 03/13/2012 07:51 par Denis Bertrand

Le 13 mars 2012
L’expert américain en développement de public pour les arts, Matt Lehrman (photo), propose neuf éléments qui devraient être compris dans toute stratégie en la matière :
- Identifiez les sujets qui préoccuppent votre communauté et voyez comment vous pouvez les aborder dans votre travail.
- Déterminez comment vous mesurerez votre succès.
- Discutez de l’état du monde avec vos publics pour connaître leurs opinions sur les sujets de l’heure.
- Êtes-vous vraiment prêts à faire ce qu’il faut pour diversifier vos publics, engagement qui peut comprendre des changements aux produits que vous offrez normalement ?
- S’il y a des gens qui consomment vos produits aujourd’hui, c’est parce qu’ils ont été initiés aux arts par leurs enseignants, leurs parents, des intervenants culturels communautaires, etc. Êtes-vous en mesure de rendre la pareille à vos “partenaires” ?
- Êtes-vous présents dans votre communauté ? Êtes-vous au courant de ce qui s’y passe ? Participez-vous à des activités communautaires ? Collaborez-vous avec d’autres organismes à l’atteinte de leurs objectifs ?
- Le public moderne ne se contente (presque) plus d’être un simple spectateur ou consommateur. Quelles démarches entreprenez-vous pour renfocer son engagement envers les arts ?
- Quelles occasions offrez-vous à votre public pour qu’il s’engage davantage envers vous ?
- Vous investissez dans le recrutement de nouveaux consommateurs ou spectateurs, mais qu’en est-il de vos efforts pour les fidéliser ?
J’aborde ces thématiques dans les stratégies de développement de public que je produis pour mes clients. En sommes, il s’agit :
- De procéder à une bonne analyse de l’environnement dans lequel vous évoluez.
- De discuter des rapports que vous entretenez ou que vous aimeriez entretenir avec vos publics.
- D’évaluer le rayonnement dont vous jouissez dans votre communauté.
- De garder le contact et d’offrir des raisons à vos publics acquis et à vos ”nouvelles recrues” pour qu’ils consomment à nouveau de vos produits.

Denis J. Bertrand
Classé sous Réflexions sur les arts et le développement de public le 03/12/2012 10:12 03/12/2012 10:12 par Denis Bertrand

Le 12 mars 2012
Le Vancouver Playhouse Theatre Company a fermé ses portes samedi soir dernier, incapable de surmonter un important déficit de fonctionnement (pour en savoir plus, cliquez ici). Quelque deux cents personnes, issues principalement du milieu artistique, se sont mobilisées pour dénoncer la situation (photo ci-haut gracieuseté du Vancouver Sun).
Qu’arriverait-il si vous vous retrouviez dans une situation similaire ? Pourriez-vous compter sur l’appui de vos publics, de votre clientèle ou du milieu artistique pour trouver des solutions à vos défis ? Des bailleurs de fonds publics pourraient-ils vous venir en aide ? Pourriez-vous compter sur des alliés au sein du secteur privé ou sur des partenaires communautaires ?
Je vous invite à vous poser ces questions. Vos réponses vous permettront de mesurer la qualité des rapports que vous entretenez (ou non) avec vos publics et vos partenaires, de même que le rayonnement dont vous jouissez (ou non) dans votre communauté.
Si vos réponses sont négatives, il y aurait lieu pour vous d’entreprendre des activités de développement et de fidélisation des publics dès maintenant, peu importe votre situation courante. Il vaut mieux prévenir que guérir.
Je remercie ma collègue Lianne Pelletier pour cette réflexion.

Denis J. Bertrand
Classé sous Réflexions sur les arts et le développement de public le 03/12/2012 09:33 03/12/2012 09:33 par Denis Bertrand

Le 12 mars 2012
Le Royal Ballet de Londres permettra à six jeunes personnes qui n’ont jamais assisté à un ballet classique de partager leurs impressions d’un spectacle sur Twitter ou sur leurs blogues personnels. Cette initiative est destinée aux 18 à 26 ans. Les six jeunes gens choisis assisteront à une représentation de Roméo et Juliette (photo). Ils pourront visiter les coulisses du spectacle avant la représentation et seront autoriés à gazouiller avant et après la performance, de même qu’à l’entracte. Le Royal Ballet présentera certains gazoullis sur un écran pendant la pause. Les personnes intéressées à participer à ce projet doivent remplir un questionnaire afin de soumettre leurs candidatures. Pour en savoir plus, cliquez ici.
Cette initiative du Royal Ballet a pour but évidemment d’intéresser un plus jeune public au ballet classique. Elle s’inscrit parfaitement dans deux tendances courantes en développement de public :
- Le marketing pair à pair, soit le partage d’informations entre des personnes qui ont un même statut.
- L’intégration des médias sociaux en temps réel en demandant au public de parler de l’expérience qu’on lui propose pendant qu’elle se déroule.

Denis J. Bertrand
Classé sous Réflexions sur les arts et le développement de public le 03/08/2012 06:05 03/08/2012 06:05 par Denis Bertrand

Le 8 mars 2012
Voici un article qui intéressera tous les organismes artistiques désireux de diversifier leurs publics. On y relate les démarches entreprises par l’Opéra de Montréal pour joindre de plus jeunes consommateurs, en recruter de nouveaux et en fidéliser d’autres. Ainsi :
- Pour joindre les 18 à 30 ans, l’Opéra offre des abonnements flexibles.
- Il initie des coups publicitaires qui ont pour but de rapprocher l’opéra du public.
- Il a établi des profils types de ses publics et personnaliser ses approches auprès d’eux.
- Il est important pour l’Opéra de remettre de la valeur dans les poches de ses clients (au lieu de juste en soutirer les deniers qui y traînent).
- Il garde le contact avec ses publics entre deux campagnes publicitaires.
- Ils transforment ses clients en ambassadeurs.
- Enfin, il cible les PME en leur offrant une expérience unique qui a pour but de leur faire découvrir l’art de l’opéra.
J’aime bien ce que fait l’Opéra de Montréal. Je suis d’avis que c’est un des organismes les plus créatifs en matière de développement de public en Amérique du Nord.

Denis J. Bertrand
Classé sous Réflexions sur les arts et le développement de public le 03/07/2012 04:29 03/07/2012 04:29 par Denis Bertrand

Le 7 mars 2012
Lorsque je rencontre des organismes artistiques intéressés à mes services d’expert-conseil en développement de public et que je leur demande quelles personnes ils veulent joindre, on me répond souvent “le public en général”. Je leur indique qu’il s’agit là d’un objectif irréaliste. L’expression “le public en général” est simplement une autre façon de désigner des gens dont on ignore tout, une masse “grise” inconnue qu’on voudrait accueillir sans savoir si elle est susceptible de s’intéresser à ce qu’on lui propose. Maureeen Carruthers (photo) est une experte de marketing américaine qui travaille principalement auprès du secteur public. Elle affirme sur son blogue qu’il est inutile de tenter de joindre “le public en général”.
Tenter de joindre des gens qu’on ne connaît pas est une bonne façon de dépenser des énergies et de l’argent pour obtenir peu de résultats. (…) Le “public en général” ne cognera pas à votre porte pour voir ou entendre du Beckett, du Brecht ou du Bartók.
Que propose-t-elle en revanche ?
Arrêtez de courir après les foules. Concentrez-vous sur votre travail. Faites-le bien. Faites en sorte que les personnes qui s’y intéressent vous trouvent sans difficulté. Lorsqu’elles se présentent, accueillez-les comme de la parenté. Lavez, rincez, répétez.
Je souscris entièrement aux propos de Mme Carruthers et c’est l’approche que je préconise lorsque je prépare des stratégies de développement de public pour mes clients. Je remercie ma collègue Soshana Fanizza pour ce tuyau.

Denis J. Bertrand
Classé sous Réflexions sur les arts et le développement de public le 03/01/2012 03:38 03/01/2012 03:38 par Denis Bertrand

Le 1er mars 2012
Oui, je le sais, j’ai négligé mes devoirs de blogueur depuis quelque temps. Veuillez m’en excuser ! Ce n’est pas parce qu’il ne se passe rien dans le domaine du développement de public pour les arts que je n’ai rien écrit de nouveau, mais simplement parce que je suis débordé de travail ces jours-ci. Il n’y a pas encore d’accalmie à l’horizon. C’est une bonne nouvelle pour un travailleur autonome comme moi, mais plus difficile pour le blogueur passionné par son sujet de prédilection. M’enfin ! Je tâcherai de faire mieux.
Entre temps, voici une petite nouvelle intéressante. Le Detroit Institute of Art (photo) a émis un communiqué récemment pour annoncer qu’il avait franchi la barre des 100 000 “amis” sur Facebook et pour célébrer cet accomplissement, il a invité tous ses “amis” à le fréquenter gratuitement au cours du mois de mars 2012.
Voilà une bonne façon de remercier les gens pour leur intérêt envers l’institut et de recruter de nouveaux “amis” !

Denis J. Bertrand
Classé sous Réflexions sur les arts et le développement de public le 02/15/2012 01:50 02/15/2012 01:50 par Denis Bertrand

Le 15 février 2012 ; mise à jour : le 17 février 2011
De nombreuses études entreprises ces dernières années par des autorités en la matière ont démontré que les publics consommateurs d’arts et de culture plafonnaient et vieillissaient, lorsqu’ils n’étaient pas carrément en diminution, au Canada, au Québec et aux États-Unis. Mais voilà que certains signes encourageants se pointent à l’horizon, indiquant un renversement de ces tendances.
- Dans sa chonique Parenthèse publiée dans l’édition du 1er novembre 2011 du magazine L’actualité, André Ducharme affirme que “partout dans les salles (au Québec), le public rajeunit (…) Ce mouvement de la jeunesse vers le théâtre résulte du patient travail de développement de public amorcé il y a quelque 10 ans.”
- Hill Stratégies Recherche a dévoilé aujourd’hui de nouvelles statistiques sur la participation de la population canadienne aux activités artistiques, culturelles et patrimoniales. La firme parle de ”record de participation” en 2010 ! Vous pouvez en apprendre plus ici.
Je me réjouis évidemment de tels résultats et souhaite que les tendances antérieures soient maintenant une chose du passé. Je salue les producteurs et les diffuseurs qui ont entrepris, avec succès, des initiatives de développement de public.
Mais je me permets de demeurer quelque peu sceptique par rapport au renversement de situation annoncé, simplement parce que ces nouvelles données détonnent tellement avec tout ce qui a été dit et documenté jusqu’à présent (et dont j’ai fait état plus d’une fois sur ce blogue). D’autant plus que la recherche n’explique pas l’origine de ces hausses. Je vais attendre donc la parution de données sur la consommation des arts en 2011 et en 2012 avant de sabler le champagne.
Cela étant dit, poursuivez vos initiatives de développement de public. Elles semblent porter fruit !

Denis J. Bertrand
Classé sous Réflexions sur les arts et le développement de public le 02/14/2012 11:36 02/14/2012 11:36 par Denis Bertrand

Le 14 février 2012
Bonne St-Valentin !
Soulever l’intérêt d’un plus grand nombre de personnes pour les arts est une préoccupation partagée par l’ensemble des producteurs et des diffuseurs de l’Amérique du Nord, comme en témoigne ces trois textes :
- Michel Bélair, du quotidien Le Devoir, écrit à propos de discussions qui ont eu lieu au Réseau indépendant des diffuseurs d’événements artistiques unis (RIDEAU). Ainsi, parmi les préoccupations courantes des diffuseurs, il y a les possibilités offertes par les nouvelles technologies pour rejoindre directement le public. ”C’est la qualité du lien établi entre le diffuseur et le public qui définit d’abord le succès de l’opération”, dit-il.
- À ce propos, Creative Trust donne l’exemple d’un festival américain qui a eu recours aux médias sociaux pour accroître l’intérêt du public à son égard. Les responsables de l’événement se sont dotés tout d’abord d’objectifs précis, ont identifié les publics qu’ils voulaient joindre, les ressources qu’ils pouvaient investir dans cet effort et les tactiques à employer sur les différents médias sociaux qu’ils comptaient utiliser.
- Pendant ce temps, à Chicago, des organismes artistiques se questionnent sur les meilleures approches pour intéresser le public à leurs produits. Ils ont recours, entre autres, à des relations communautaires, à des collaborations avec des communautés culturelles et à des résidences d’artistes qui comprennent des occasions de discussion avec le public. Ce qui ressort des exemples énumérés dans cet article, c’est que les organismes mentionnés ont été proactifs. Ils sont allés à la rencontre des publics qu’ils visaient, plutôt qu’attendre que ces publics viennent à eux.

Denis J. Bertrand