
Le 16 mai 2013
Au mois d’avril dernier, le directeur artistique de la compagnie de théâtre torontoise Buddies in Bad Times, Brendan Healy (photo), a constaté que le courant ne passait plus entre son organisme et les amateurs de théâtre, présents en moindres nombres d’une production et d’une saison à l’autre. La compagnie et ses spectacles continuaient de jouir de critiques favorables et de l’appréciation de la communauté artistique, mais le public n’était plus au rendez-vous, tel que souhaité. M. Healy a donc pris l’initiative d’écrire une lettre ouverte pour inviter son public et d’autres adeptes de théâtre à remplir un sondage afin d’obtenir leur appréciation de la programmation et des communications de la compagnie. Les données ont été compilées et l’analyse des résultats est en cours. Je tenterai d’obtenir de plus amples renseignements à cet égard, si possible.
Entre temps, les constats et les actions de Buddies in Bad Times ne sont pas passés inaperçus. Patty Jarvis est experte-conseil en développement de publics. Elle a réagi de la façon suivante :
Si la diminution des auditoires est un dilemne qui touche toute l’industrie, comment pouvons-nous travailler ensemble pour joindre et augmenter des publics engagés ? Je veux trouver une façon pour que nous puissions partager et apprendre les uns des autres en nous élevant au-dessus de la situation de chaque organisme pour créer une communauté vivante où les arts sont une partie intégrante de nos vies. J’ai participé récemment à des consultations publiques organisées par le Conseil des arts de Toronto. J’ai été étonnée des difficultés éprouvées par les artistes, les administrateurs et les autres intervenants de songer à ce que nous pourrions accomplir ensemble pour notre ville et pour chaque personne qui y vit. Peu de gens s’intéressent aux arts et notre plus grand défi est de communiquer leur valeur avec éloquence. Je crois que nos communications doivent desservir les personnes auxquelles elles s’adressent. Elles doivent être offertes en appui au succès de l’ensemble, plutôt qu’aux succès individuels.
Je me rallie aux propos de Mme Jarvis. Il est vrai que les défis de développement et de fidélisation des publics doivent être relevés par une variété d’organismes artistiques, d’autant plus que les clients des uns, acquis et potentiels, sont souvent les clients des autres.
Je travaille présentement sur un projet où des diffuseurs pluridisciplinaires ont accepté de travailler ensemble pour bâtir leurs auditoires respectifs en théâtre. J’ai même suggéré des approches collectives, ici et là, sur ce blogue. Mais les difficultés énoncées par Mme Jarvis pour parvenir à ce type de collaborations demeurent entières. Celles-ci fonctionnent lorsque les intervenants concernés éprouvent une réelle affection et un réel respect pour leurs collègues, comme c’est le cas pour le projet auquel je suis associé. Mais on oublie souvent que ces mêmes organismes, surtout lorsqu’ils sont situées dans une même ville ou œuvrent dans une même discipline, sont en concurrence les uns avec les autres pour capter l’intérêt des publics, obtenir le soutien de leurs confrères et de leurs consœurs, de même qu’accéder au financement des conseils des arts et d’autres instances publiques où ils sont à la merci des jugements de leurs pairs.
Comme c’est toujours les cas en matière de rapports humains, les collaborations s’établissent lorque règne un climat de confiance, de solidarité et d’estime mutuelle.
Qu’en est-il du milieu et de la discipline dans lesquels vous évoluez ? Des solutions collectives sont-elles envisagées ou envisageables ? Ou est-ce chacun pour soi ?

Denis J. Bertrand