Des approches promotionnelles controversées

Le 10 janvier 2013

L’auteure-compositrice-interprète Annick Jean et le ténor Marc Hervieux (photos ci-dessus) ont défrayé les manchettes artistiques au cours des dernières 48 heures à cause de leur participation ou réaction à des campagnes promotionnelles.

Dans le cas de Mme Jean, il s’agit de la campagne de promotion de son nouvel album Schizophrène qui doit être lancé à la fin du mois de février. Des journalistes ont mal réagi à la réception de notes anonymes similaires à celles envoyées par des kidnappeurs (du moins, au cinéma), qu’ils ont perçu comme des menaces personnelles. Aucun indice n’accompagnait ces notes quant à leur origine ou leur raison d’être. Je ne suis pas un grand fervent de ces campagnes qui emploient des annonces-amorces (teasers) souvent incompré-hensibles aux personnes qui se trouvent à l’extérieur du cercle de leurs créateurs. Ces accroches peuvent soulever un peu d’intérêt, mais leur impact est souvent de courte durée ou négligeable, surtout si elles ne sont pas accompagnées d’une indication quant à leur origine. Pour être efficace, la notion de jeu que les accompagne doit être partagée à la fois par les créateurs et les personnes auxquelles elles sont destinées (le Huffington Post Québec partage mon opinion). 

Pendant ce temps, M. Hervieux a choisi de ne pas chanter pendant les répétitions d’une nouvelle production de l’Opéra de Montréal pour protester contre l’emploi de mannequins, plutôt que d’artistes, par l’Opéra pour promouvoir ses spectacles (l’image à laquelle le ténor s’est objectée coiffe ce paragraphe). Je sympathise avec le point de vue de M. Hervieux. J’encourage souvent mes clients à mettre les artistes de l’avant pour que le public apprenne à les connaître. Mais l’Opéra de Montréal, comme plusieurs autres organismes des arts de la scène, a des défis à relever pour accroître et, dans ce cas-ci, rajeunir son public (et donc pour payer le cachet du ténor). Le recours à des images «esthétiques» (merci Frédéric Julien !) pour pomouvoir «l’esprit» d’un spectacle est une pratique courante dans le milieu des arts. L’Opéra de Montréal a décidé d’ajuster son approche pour répondre aux doléances de M. Hervieux. Je respecte cette décision car l’Opéra a déployé de nombreux efforts pour joindre de nouveaux adeptes ces dernières années. Par contre, j’espère qu’il n’abandonnera pas pour autant son approche «pré-Hervieux» qui a remporté tant de succès.

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Denis J. Bertrand

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