Retour sur le Forum Jeunes et culture de la région de Québec (4 de 4)

Le 16 décembre 2014

Pour accéder aux billets précédents sur ce sujet, cliquez sur les liens suivants:

Passons maintenant à quelques pratiques exemplaires internationales en création de rapports entre les jeunes et la culture:

  • Le MacPhail Center for Music, aux États-Unis, a créé un comité consultatif jeunesse composé de 12 adolescents âgés de 13 à 18 ans. Ils ont chacun un mandat d’un an. Ils ont pour mission de rejoindre les jeunes et de leur donner le goût de s’inscrire à des cours de musique au Centre. De plus, ils en évaluent les programmes, formulent des recommandations, participent à la conception du matériel promotionnel destiné à la clientèle qu’ils représentent et se penchent sur d’autres dossiers pertinents. Les jeunes intéressés à siéger au comité doivent soumettre leurs candidatures. Ils sont choisis par le personnel du Centre. Il n’est pas nécessaire que les jeunes candidats fréquentent les lieux. En retour, ils doivent partciper à une rencontre mensuelle du comité. Ils reçoivent un dédommagement de 15 $ par réunion.
  • Des jeunes associés au Bonnefantenmuseum, de Mastricht aux Pays-Bas, organise la marathon muséal M2LIVE destiné aux 12 à 25 ans. Ils participent à toutes les étapes de cet événement qui s’étend sur deux jours et qui comprend des performances de jeunes artistes, des fins de soirée dansantes, la projection de films réalisés par des étudiants, des visites guidées du musée et des classes de maîtres avec des artistes. Les jeunes en font la promotion bouche à oreille. Résultat : quelque 5 000 d’entre eux participent annuellement au M2LIVE.
  • L’Europe propose quelques programmes de recrutement et de fidélisation de jeunes clientèles pour les arts, tels que la Carte Jeunes Européenne, le Bono Cultural et la KulturPass. Ces initiatives s’adressent bien souvent à des clientèles qui vivent dans une certaine précarité financière. Les organismes culturels participants leur offrent des entrées gratuites ou à peu de frais. Les personnes qui adhèrent à ces programmes doivent bien souvent réserver leurs places à l’avance.

Alors, que doit-on retenir des pratiques exemplaires locales et internationales qui ont été présentées lors du Forum Jeunes et culture organisé par le Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, le 3 décembre dernier ?

  • Tout organisme culturel qui veut rejoindre ou desservir les jeunes doit d’abord bien connaître cette clientèle.
  • Il a tout intérêt à consulter directement des représentantes et des représentants des groupes d’âge visés.
  • Il serait préférable pour lui d’impliquer des jeunes dans la conception, la promotion et de la livraison des activités qui leur sont destinées.

Quelles autres leçons retenez-vous de ces quatre derniers billets sur les jeunes et la culture ?

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Denis J. Bertrand

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Retour sur le Forum Jeunes et culture de la région de Québec (3 de 4)

Le 15 décembre 2014

Désolé pour le délai de parution entre ce troisième billet voué au Forum Jeunes et culture de la région de Québec et celui qui l’a précédé.

L’identification de pratiques exemplaires en création de liens entre les jeunes et la culture était certainement un des aspects les plus intéressants du Forum. Les exemples choisis étaient à la fois locaux et internationaux. Allons-y d’abord avec les interventions locales :

  • La compagnie de théâtre Les Incomplètes propose des parcours artistiques destinés aux parents et aux petits enfants appelés Sentiers. Parents et enfants participent à des activités conjointes qui ont pour but de leur faire découvrir le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels et les arts médiatiques en compagnie d’artistes professionnels.
  • Le Théâtre du Gros Mécano développe ses créations pour les enfants à l’aide d’une démarche Modul’AIR. Il se rend dans des salles de classe pour y faire la lecture d’une œuvre en développement et recueillir les impressions des élèves. En incorporant les enfants à son processus créatif, la compagnie a l’occasion de mesurer l’accueil qui pourrait être réservé à ses spectacles.
  • La salle de spectacle L’Anglicane propose à des étudiants du secondaire de visiter les Coulisses de la culture en explorant ses installations, en assistant à des répétitions, à des tests de son, à des rencontres avec des artistes et à son lancement de saison.
  • Le Festif est un festival de musique et d’arts de la rue créé par et pour des 18-35 ans, quoique tout le monde y est bienvenue. Sa connaissance de sa clientèle, sa présence sur les médias sociaux et l’efficacité de sa promotion bouche à oreille ont permis à cet organisme, doté d’un budget de 500 000 $, de générer 1,2 $ million en retombées économiques pour sa région.

Prochain billet : des pratiques exemplaires internationales.

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Denis J. Bertrand

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Retour sur le Forum Jeunes et culture de la région de Québec (2 de 4)

Le 5 décembre 2014

Accédez au billet précédent en cliquant ici.

Après les présentations de Pascale Picard et de Nicolas Jobin, c’était à mon tour de prendre la parole au Forum Jeunes et culture qui a eu lieu le 3 décembre dernier à Québec.

Je me suis rallié d’emblée aux propos de ces deux artistes, particulièrement à l’égard de la liberté de découverte et d’expérimentation qui doit être accordée aux jeunes pour qu’ils s’initient aux arts selon leurs intérêts et leurs préférences. Cela va à l’encontre évidemment du mode de fonctionnement des institutions auxquelles on impose bien souvent des apprentissages structurés. Il faut alors en revenir à la raison d’être de l’enseignement des arts : l’offre-t-on pour permettre aux élèves et aux étudiants de s’exprimer, de découvrir de nouvelles facettes de leur personnalité et ainsi contribuer à leur développement à titre de personnes à part entière ou pour meubler du temps dans un horaire quelconque ? Mais qu’en est-il alors de l’apprenrtissage des œuvres classiques et du développement d’une culture générale, m’a-t-on demandé ? J’ai d’abord répondu qu’imposer des œuvres qui intéressent peu les élèves risquent de les rebuter de la lecture ou de certaines disciplines artistiques. Après réflexion, je crois qu’il y a toujours de la place pour initier les jeunes à ces classiques, mais il faut leur expliquer pourquoi ceux-ci demeurent pertinents aujourd’hui (comme le fait le regretté Robin Williams dans cette scène du Cercle des poètes disparus).

J’ai mentionné ensuite certaines données portant sur la fréquentation des arts par les jeunes, tirées de l’étude sur la Diversité canadienne et la fréquentation des arts en 2010, et d’autres renseignements pertinents issus d’une étude sur la participation culturelle des jeunes Montréalais, produite par Culture Montréal. Il appert que les profils des jeunes consommatrices et des jeunes consommateurs des arts ressemblent beaucoup à ceux des adultes (formation postsecondaire, familles relativement bien nanties, plus de consommatrices que de consommateurs…).

Puis, j’ai parlé des caractéristiques de la Génération Y (les 18-35 ans), un sujet récurrent sur ce blogue, puisque le milieu artistique s’intéresse tout particulièrement à cette clientèle. C’est un groupe branché, organisé, économe, sociable, diversifié et mobile. Les générations qui le suivront le seront tout autant et même plus.

Outre offrir aux jeunes la liberté d’explorer, les institutions qui les desservent doivent :

  • Faciliter la participation des jeunes en éliminant les obstacles qui peuvent nuire à cet objectif.
  • Collaborer entre elles pour assurer aux jeunes un continuum de découverte et de formation.
  • Miser sur le développement personnel des jeunes plutôt que la transformation de ceux-ci en consommatrices et en consommateurs des arts (la consommation viendra d’elle-même).
  • Reconnaître et célébrer les succès des jeunes.

En guise de conclusion, j’ai souligné aux participantes et aux participants au Forum qu’il ne faut pas que de grandes initiatives pour intéresser les jeunes aux arts et à la culture. À titre de personnes intéressées à la question, elles peuvent profiter de rencontres et de contacts directs avec les jeunes, après les heures de bureau et pendant les fins de semaine, pour leur en parler. Chaque entretien peut faire une différence.

Prochain billet : quelques pratiques exemplaires en matière de participation des jeunes aux arts et à la culture.

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Denis J. Bertrand


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Retour sur le Forum Jeunes et culture de la région de Québec (1 de 4)

Le 4 décembre 2014

J’ai eu l’honneur d’être un des conférenciers invités au Forum Jeunes et culture qui avait lieu hier, à Québec. La rencontre était organisée par le Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches. Les participantes et les participants provenaient notamment des milieux des arts, de la culture et de l’éducation.

J’avais pour mandat de parler des pratiques culturelles de jeunes en réponse aux présentations de deux artistes invités : l’auteure-compositrice-interprète Pascale Picard et l’artiste multidiscipliniare Nicolas Jobin. Chacun d’eux devait répondre à la question suivante : qu’est-ce qui m’a donné le goût des arts ?

Pascale a expliqué que la musique était non seulement son métier, mais sa passion. Jeune enfant, elle écoutait les vinyles de ses parents qui lui ont acheté ensuite la musique qui lui plaisait. Son père jouait de la guitage. Elle avait accès aux pianos de ses grands-parents. Ce partage de connaissances avec les membres de sa famille a éveillé en elle une curiosité pour la musique. Entre temps, sa mère, grande lectrice, l’a initiée aux livres. Son premier spectacle à vie fut une prestation du Cirque du Soleil. Plus tard, elle assistait à son premier concert, mettant en vedette le groupe Green Day. Elle a développé un sens d’appartenance à des valeurs et à un mode de vie par l’entremise de ses idoles. Aujourd’hui, Pascale demeure une grande consommatrice d’arts et de culture (musique, téléséries, cinéma, lecture…). Selon elle, il est important d’exposer les jeunes le plus tôt possible aux arts et de leur offrir le plus de choix possibles en toute liberté.

De son côté, les parents de Nicoals aimaient la musique pop, mais pas n’importe laquelle : celle de Diane Dufresne. Malgré cette présence, Nicolas n’était pas un grand consommateur d’arts et de culture. C’est en poursuivant des études postsecondaires qu’il a découvert la musique classique, puis la musique contemporaine. Il a composé des œuvres pour le théâtre et la danse, dirigé des orchestres. Il s’est élevé contre le formatage de la culture pour en stimuler la consommation (exemple : produire des chansons qui doivent durer de deux minutes trente à trois munutes trente). Il a invité les participantes et la participants au Forum à permettre aux jeunes de découvrir leurs propres passages secrets vers les arts en les encourageant et en les aidant à surmontrer les défis qu’ils rencontreront. Après tout, a-t-il dit, les goûts et les habitudes se développent avec le temps.

Je vous parlerai de ma réponse aux présentations de Pascale et de Nicolas dans mon prochain billet.

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Denis J. Bertrand

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007 : des approches de marketing qui pourraient vous inspirer

Le 2 décembre 2014 ; mise à jour le 5 décembre 2014

Comme bien d’autres secteurs artistiques, celui du cinéma commercial doit aussi se démarquer pour capter l’attention du public.

Ainsi, les producteurs des James Bond, mettant en vedette Daniel Craig (photo) dans le rôle-titre, préparent le 24e épisode de la série. Le tournage n’a pas encore commencé, mais les producteurs organiseront un événement public pour dévoiler le titre du nouveau film et présenter des membres de la distribution.

Ainsi, tous les aspects de la création d’un film deviennent des occasions pour en faire la mise en marché, en diffusant des accroches (teasers), en tournant de courtes capsules vidéo avec Vine et en diffusant des informations tout au long de la production sur les médias sociaux.

D’autres artistes, producteurs ou diffuseurs peuvent en faire autant une fois que leurs projets sont biens définis. Il n’est pas nécessaire d’attendre la fin de ceux-ci pour les promouvoir.

En dévoilant progressivement des étapes de production, on soulève la curiosité du public.

Pour en savoir plus à ce sujet, cliquez ici.

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Denis J. Bertrand

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Tendances de consommation pour 2015

Le 27 novembre 2014

Nous sommes arrivés à cette époque de l’année où nos regards se tournent vers le nouvel an. C’est le moment idéal de se pencher sur les tendances en consommation qui se manifesteront au cours de 2015, selon les experts dans le domaine. Je me permets d’en souligner quelques-unes qui intéresseront particulièrement les mondes des arts et des sports.

Voici les prédictions pertinentes de Trendwatching :

  • «Les consommateurs préfèrent créer plutôt qu’acheter simplement un produit.» Faites appel à la créativité et à la participation de vos clients. Ils sont plus que des spectateurs passifs.
  • «Fini les files et listes d’attente. Les consommateurs voudront des options de fast-laning.» Vos clients peuvent-ils se procurer des billets pour vos événments ou vos produits en ligne ? Sinon, il est temps d’y voir. Si oui, assurez-vous que votre billetterie ou que votre boutique offre un rendement optimal à vos clients et que le service ou le programme que vous utilisez vous fournit des données qui vous permettront d’améliorer vos rapports avec vos consommateurs.
  • «Les marques ne doivent plus rester dans l’ombre. Dans un univers tapissé de contenu de marque, les entreprises doivent au contraire se faire voir, en engageant la discussion avec leurs consommateurs ou en s’engageant activement dans une cause.» Vous vivez en société. Intéressez-vous à ce qui s’y passe et intervenez. Appuyez publiquement des causes qui cadrent avec votre raison d’être, qui préoccupent vos clients. Dialoguez régulièrement avec vos consommateurs. Ce n’est plus juste à propos de vous.
  • «La consommation n’est plus définie par les modèles démographiques traditionnels (âge, genre, salaire, etc.). Les marques devront adopter et célébrer les nouvelles normes raciales, sociales, culturelles et sexuelles.» Le milieu des arts se perçoit comme étant ouvert à tous, mais des données récentes sur la fréquentation des arts démontrent qu’il laisse des publics de côté, notamment les minorités visibles, les communautés culturelles, les autochtones, les personnes ayant une incapacité et les aînés.

Pendant ce temps, My Customer dresse le profil du consommateur et de la consommatrice 2015 :

  • Elle est branchée pratiquement toute la journée, du réveil au coucher.
  • Il est plus enclin à appuyer une entreprise ou une organisation qui assume ouvertement des responsabilités sociales.
  • Elle se méfie de la publicité traditionnelle. Elle compte sur les recommandations d’amis ou effectue de la recherche avant de procéder à un achat.
  • Il a recours aux médias sociaux pour s’exprimer sur la valeur et la qualité des services et des produits qu’on lui offre.
  • Elle veut accéder rapidement aux produits qui l’intéressent.
  • Il est loyal envers les marques qui lui plaisent. Sa déception est d’autant plus grande lorsqu’une d’entre elles ne répond pas à ses attentes.

Ces tendances vous incitent-elles à réviser certains aspects de votre fonctionnement ?

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Denis J. Bertrand

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Quelques notes extraites d’un débat récent sur la valeur intrinsèque des arts

Le 24 novembre 2014 ; mise à jour le 1er décembre 2014

L’Association canadienne des organismes artistiques (CAPACOA) et la Fête de la culture ont présenté, la semaine dernière, un débat sur la valeur intrinsèque des arts qui opposait un tenant de leur valeur qualitative, Shawn Van Sluys, à un tenant de leur valeur quantitative, Alain Dubuc. Vous pouvez visionner leurs échanges en cliquant ici (veuillez noter que le débat a eu lieu en anglais seulement).

Voici quelques notes que j’ai prises en écoutant cet exercice :

  • La valeur que chaque personne attribue aux arts est basée sur ses expériences.
  • Les arts nous permettent d’interpréter et de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.
  • Selon Northrop Frye, les arts sont le language de l’humanité.
  • Déterminer la valeur des arts à l’aide d’arguments émotifs n’est pas suffisant dans le contexte économique actuel. Si les arts et la culture sont importants (et ils le sont), il faut en convaincre d’autres personnes (notamment les politiciens).
  • Les arts doivent faire partie des solutions aux défis économiques et sociaux courants.
  • Un investissement dans les arts est profitable. Les arts et la culture représentent 3 % du produit national brut (PNB) canadien. Pour 1 000 emplois créés dans les arts, 640 autres sont créés indirectement, soit plus que dans le secteur des ventes (170) et celui des banques (400).
  • La culture et le tourisme sont interreliés.
  • La culture contribue à l’image de marque et à la qualité de vie d’une ville. La qualité de vie contribue au bonheur qu’éprouvent les citoyens.
  • Ainsi, les arts exercent une influence sur des facteurs économiques tels que la cohésion sociale, le sentiment d’appartenance et l’éveil des esprits.
  • En somme, les défenseurs des arts ne peuvent faire abstraction des valeurs qualitatives et quantitatives de ceux-ci lorsqu’ils sont appelés à convaincre leurs interlocuteurs de la pertinence de la culture dans notre société. Ils doivent se référer à toutes ses qualités.

Pour d’autres points de vue sur ce débat, cliquez sur cet article du Globe and Mail et ce texte de CAPACOA. Même Hill Stratégies y met son grain de sel.

Ajout, le 1er décembre 2014 : le point de vue de Shannon Litzenberger, artiste multidisciplinaire torontoise (en anglais).

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Denis J. Bertrand

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#jaimelethéâtre

Le 21 novembre 2014

Pour contrer la morosité qu’ont entraîné des réductions récentes dans le financement public des arts, des compagnies de théâtre britanniques ont lancé, le 19 novembre dernier, la journée #LoveTheatre.

L’initiative avait pour but de permettre aux artisans et aux amateurs de théâtre de partager leur affection pour leur art de la scène favori, notamment par l’entremise des médias sociaux et de Twitter en particulier. Se sont ajoutés à ces gazouillis d’amour des visites des coulisses de certains théâtres et des rencontres entres artistes et spectateurs.

Selon le quotidien The Guardian, 40 000 gazouillis ont été rédigés en appui à cette campagne et plus d’une vingtaine d’articles ont été publiés à son propos par les médias traditionnels. Voilà d’excellents résultats pour une première tentative.

L’initiative pourrait être reprise ici à l’aide du mot-clic que je propose en guise de titre à ce billet. Il est entendu qu’une telle activité peut s’étendre à d’autres disciplines artistiques, comme ce fut le cas pour le livre récemment.

Enfin, il ne faut pas confondre #LoveTheatre avec la Journée mondiale du théâtre. La première initiative se veut une célébration populaire, tandis que la seconde revêt souvent un caractère plus protocolaire (ex., diffusion d’un message international pour souligner cette journée).

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Denis J. Bertrand

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La diversification des publics : un défi qu’il faut relever maintenant

Le 12 novembre 2014

Ma collègue Diane Chevrette et moi animions, vendredi dernier, une formation sur le développement de publics pour le Conseil québécois du théâtre (CQT). Des membres montrélais du CQT y participaient. Parmi les arguments que nous avons avancés pour justifier la mise en place de stratégies dans ce domaine, il y avait celui de la diversification de la population locale.

En effet, selon les Perspectives démographiques du Québec et des régions, 2011-2061, produites par l’Institut de la statistique du Québec, la population de la métropole québécoise passera de son seuil courant de 1,92 million d’habitants (2011) à 2,24 millions d’habitants en 2036, soit une hausse de 17 %. Une part importante de cette augmentation viendra de l’immigration en provenance, entre autres, de l’Algérie, du Maroc, de la Chine et de la France.

Pendant ce temps, les membres de la Génération Y, soit les 18-34 ans, sont au nombre des publics les plus prisés par les organismes artistiques. Ils sont perçus comme un public actuel à rejoindre et à un public à fidéliser pour l’avenir. Mais il s’agit aussi de la génération la plus diversifiée au point de vue ethnique. J’en sais quelque chose puisque je suis chargé de cours à l’Université de Sudbury. Mes classes comprennent un fort contingent d’étudiants issus ou dont les parents sont issus de l’immigration.

Pendant ce temps, une étude récente sur la fréquentation des arts au Canada a rélévé que la fréquentation du théâtre est                 significativement inférieure par les minorités visibles, les immigrants, les autochtones et les Canadiens ayant une incapacité.

Lorsque nous avons indiqué aux participants à la formation que les compagnies de théâtre montréalaises devaient tenir compte de cette diversification de la population au moment de préparer leurs stratégies de développement de publics, ce constat a soulevé quelques discussions. Par exemple, les efforts requis pour rejoindre ces nouvelles clientèles porteront-ils atteinte à la liberté d’expression des artistes et des compagnies? Je crois que les artistes doivent créer sans contraintes. Par contre, les compagnies productrices (ou les diffuseurs) ont la responsabilité de s’assurer qu’il y ait des gens dans la salle. Il en va non seulement de leur avenir à court terme, mais à long terme.

À mon avis, ne pas tenir compte de la diversification de la population constitue un risque. En effet, les compagnies doivent répondre à cette question soulevée lors de la plus récente conférence du National Arts Marketing Project : votre organisation dessert-elle une congrégation fermée (blanche, de souche européenne) ou est-elle accessible à une variété de publics issus de la diversité?

Le milieu théâtral de Montréal n’est pas le seul confronté au défi de l’inclusion. Il s’agit d’un défi occidental. Nos voisins américains s’intéressent beaucoup à cette question. La James Irvine Foundation, basée en Californie, a pour mission de créer des occasions favorables à la participation inclusive et sociale de tous les résidants de l’état. Elle a publié en juillet dernier une étude sur les arts et la diversification des publics. On y apprend que les organisations qui ont réussi à diversifier leurs clientèles ont les caractéristiques suivantes :

  • Elles ont intégré la diversification à leur mission. Cette volonté est manifeste dans toutes les composantes de leur travail.
  • Elles sont dirigées par des personnes qui souscrivent à cette mission (employés, membres du conseil d’administration, etc.). Ces gens sont prêts à prendre les risques et à établir les relations nécessaires au succès de la mission.
  • Ces organisations adhèrent au changement. Elles savent qu’elles devront revoir constamment leurs procédés pour offrir des expériences qui faciliteront l’intégration et la diversification des clientèles.
  • Ces changements peuvent comprendre des aménagements à leurs bureaux ou à leur lieu de diffusion pour les rendre plus acessibles et plus accueillants aux clientèles visées.
  • Ces organisations prennent le temps de se renseigner sur les intérêts et les préoccupations de leurs publics. Elles respectent ces derniers et établissent avec eux des relations mutuellement avantageuses.
  • Les organisations comprennent que leurs nouvelles clientèles doivent se reconnaître dans leur travail, dans leurs œuvres. Ces transformations peuvent s’effectuer sur une certaine période de temps et être soutenues par un dialogue constant avec les publics issus de la diversité.
  • Les personnes responsables de ces organisations évaluent leur travail et mesurent leur progression. Elles corrigent le tir s’il y a lieu.
  • Les organisation ont intégré en permanence la diversification de leurs publics dans leurs mécanismes de planification et de gestion.

Pour celles et ceux qui croient que leur offre courante n’a pas besoin d’être changée pour diversifier leurs publics, je les invite à lire cet ancien billet.

Peu importe où que vous soyez au Québec ou au Canada, je vous suggère d’entreprendre une réflexion sur la la diversification de vos clientèles très prochainement. Les tendances notées à Montréal sont valables ailleurs. Votre avenir se planifie aujourd’hui.

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Denis J. Bertrand

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Bilan d’une conférence américaine sur le marketing des arts

Le 11 novembre 2014

La conférence annuelle du National Arts Marketing Project a eu lieu la semaine dernière à Atlanta, en Georgie (É.-U.). Elle rassemblait de nombreux experts et responsables du marketing dans le domaine des arts. J’aurais aimé m’y rendre, mais j’ai pu suivre l’événement à distance sur Twitter grâce au mot-clic #NAMPC2014. Voici quelques gazouillis qui m’ont semblé très pertinents :

  • Votre organisation dessert-elle une congrégation fermée ou est-elle accessible à une variété de publics ?
  • Vos publics courants peuvent être vos ambassadeurs auprès des publics que vous visez.
  • La publicité ne peut, à elle seule, convaincre et renseigner vos publics. Les interactions et les échanges avec eux sont essentiels.
  • Comprendre les réalités de demain est un défi que vous devez relever aujourd’hui.
  • Toutes les entreprises ont des employés qui s’intéressent aux arts ou dont les enfants s’intéressent aux arts.
  • Raconter l’histoire de votre organisation, c’est initier un dialogue avec vos publics.
  • À quoi ressemblerait l’expérience que vous proposeriez à de nouveaux venus ?
  • Si vous ne prenez pas de risques, vous n’agissez pas.
  • Participez à des conversations au lieu de les diriger.
  • Pour diversifier vos publics, ces derniers doivent se reconnaître parmi vos bénévoles et vos employés.
  • Collaborez avec d’autres organisations pour diversifier vos publics respectifs.
  • Lorsque vous augmentez et diversifiez vos publics, vous investissez dans votre avenir.
  • Transformez vos spectateurs en donateurs en approfondissant vos rapports avec eux.
  • Il est difficile de récupérer un client avec lequel vous avez perdu contact depuis deux ans.
  • Partagez vos découvertes artistiques et autres avec vos collègues de travail et les membres de votre conseil d’administration.
  • Vous n’aidez pas votre cause lorsque vous ne recueillez pas suffisamment de données sur vos clientèles.
  • Offrez des incitatifs aux nouveaux venus pour qu’ils répètent l’expérience.

Ma collègue Shoshana Fanizza vous offre ici son point de vue sur cette conférence.

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Denis J. Bertrand

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