Recommandation de lecture : théâtre et réseaux sociaux

Le 21 janvier 2015

La plus récente édition de la revue de théâtre Jeu (no. 153, détail de la couverture ci-haut) contient un excellent texte, signé par Nadia Seraiocco, sur l’utilisation des médias sociaux pour promouvoir le théâtre, approches qui s’appliquent à toutes les disciplines artistiques. Il est intitulé Au théâtre comme en ligne : Créer et communiquer. J’en cite quelques extraits :

Beaucoup d’organismes du secteur culturel ont saisi l’occasion de maintenir une communication soutenue avec leur public, même lorsqu’il n’y a pas de représentation ou d’exposition pour réunir la communauté, en créant des comptes sur les réseaux (sociaux). (…)

Les réseaux sociaux sont utilisés pour consulter autrui et bénéficier de conseils avant de faire un choix. (…)

Il faut d’abord rejoindre le public, lui proposer une activité culturelle et lui donner envie d’en parler à son entourage. Il faut aussi que le porte-parole de l’activité ait une certaine crédibilité auprès du public cible et une certaine réputation dans le secteur visé. (…)

Une campagne réussie sur les réseaux sociaux est une campagne qui fait parler d’elle en ligne, mais aussi dans les quotidiens à grand tirage, à la télévision et à la radio. (…)

Pour être réussie et se distinguer, une stratégie de promotion numérique doit prendre en compte la réalité des réseaux sociaux, mais aussi se démarquer par une créativité adaptée au produit qu’elle entend promouvoir. (…)

Il faut avoir un objectif (généralement, c’est que le spectacle soit vu) et planifier nos tactiques de façon à l’atteindre.

Mme Seraiocco mentionne parmi les campagnes les plus réussies sur les réseaux sociaux celles du Théâtre du Nouveau-Monde (TNM) pour Le Bourgeois gentilhomme et du Théâtre La Licorne pour Napoléon voyage.

Je vous recommande chaleureusement la lecture de ce article fort intéressant.

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Denis J. Bertrand

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Même les gens qui travaillent dans le milieu des arts n’ont pas toujours le temps d’en consommer

Le 20 janvier 2015

Je participais, la fin de semaine dernière, au marché du spectacle de l’Ontario français, Contact ontarois, organisé par Réseau Ontario. Les diffuseurs et les artistes qui y assistaient se sont prêtés à un exercice au cours duquel ils devaient répondre aux questions suivantes :

  • Quel est le facteur le plus important qui vous motive à assister à un spectacle ?
  • Quel est le facteur le plus important qui vous empêche d’assister à un spectacle ?

Voici leurs réponses :

Motivations

  • La surprise
  • L’accès à de l’information sur les artistes
  • La qualité du spectacle et ce qu’on en dit
  • L’expérience offerte
  • Une offre diversifiée
  • Une promotion efficace et ciblée, diffusée adéquatement
  • La participation du public
  • Les émotions liées au spectacle

Empêchements

  • L’accessibilité (selon la nature du spectacle ou l’endroit où il est présenté)
  • Le manque de temps ou l’investissement de temps requis
  • Les coûts

Ces réponses se comparent avantageusement aux résultats d’une étude récente sur ces questions.

J’espère maintenant que les personnes concernées se rappelleront des motivations qu’elles ont évoquées et s’en serviront auprès de leurs clientèles. Pour ce qui est des empêchements, il y a moyen de rémédier à ces derniers, mais lorsque des gens qui travaillent dans le milieu des arts et de la culture évoquent de tels défis, on comprend que le public puisse en faire autant.

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Denis J. Bertrand

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Comment répondre aux défis liés au développement des publics au 21e siècle (2 de 2)

Le 19 janvier 2015

La compagnie de danse contemporaine Dancemakers, de Toronto, travaille à la mise sur pied d’un centre de création qui accueillera trois chorégraphes pendant trois ans, période pendant laquelle ces artistes pourront se consacrer entièrement à leur travail et y présenter leurs œuvres, tout en côtoyant leurs pairs. De plus, le centre offrira des activités qui auront pour but de familiariser davantage le public avec la danse par l’entremise de discussions avec les artistes, de formations, d’avant-premières et d’événements «portes ouvertes». Selon une des responsables de cette initiative, Emi Forster :

Lorsque vous jetez de la lumière sur le processus créatif, vous permettez au public d’acquérir un vocabulaire qu’il peut utiliser pour s’exprimer et mieux comprendre ce qu’on lui propose. En accueillant les gens au cours du processus et dans notre lieu, nous démystifions la danse.

L’approche préconisée par Dancemakers n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit plutôt dans une tendance déjà présente en Europe et qui fait son petit bonhomme de chemin ici, soit rendre les arts plus accessibles en éliminant les obstacles qui nuisent à leur rayonnement auprès d’un plus grand nombre de gens.

Avec le plafonnement du financement public, les artistes et les organismes artistiques ne peuvent plus travailler dans une bulle. Ils ont besoin d’alliés, au-delà des bailleurs de fonds gouvernementaux. Ces nouveaux alliés se trouvent dans leur entourage, dans les communautés où ils sont installés et qu’ils desservent. Attention : je ne dis pas que les artistes doivent sacrifier leur intégrité pour plaire à tous et chacun. J’affirme plutôt qu’ils ont intérêt à ouvrir une fenêtre sur leur processus créatif afin d’y laisser rentrer le public, pour les raisons évoquées par Dancemakers. Les organismes artistiques peuvent en faire autant en parlant de leur fonctionnement, de leur évolution, de leurs réalisations et des défis qu’ils doivent surmonter.

Le 21e siècle appartiendra aux créateurs et aux organismes qui s’adapteront aux nouvelles réalités au lieu de les combattre, qui feront preuve d’ouverture au lieu de travailler en secret, qui initieront un dialogue soutenu avec le public au lieu de l’ignorer. Voici venu le temps d’expérimenter, d’essayer de nouvelles choses. Le public n’attend rien de moins de la part de gens créatifs. Vous ne savez pas où commencer? Consultez vos publics, parlez aux personnes qui ne vous fréquentent pas, échangez avec vos pairs, vos partenaires et vos collaborateurs. Ils auront des suggestions pour vous, c’est certain.

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Denis J. Bertrand

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Comment répondre aux défis liés au développement des publics au 21e siècle (1 de 2)

Le 14 janvier 2015

J’entreprends aujourd’hui la rédaction de deux billets successifs dans lesquels je vous parlerai de réflexions en cours dans le milieu des arts pour rendre ces derniers plus pertinents et plus accessibles à un plus grand nombre et à une plus grande diversité de gens en 2015 et au-delà. J’y mettrai aussi mon grain de sel.

Polly Carl (photo) est l’ancienne directrice artistique du Steppenwolf Theatre de Chicago. Elle dirige un centre de théâtre au Emerson College de Boston où elle s’intéresse à la pratique du théâtre au 21e siècle. Elle témoigne dans un billet récent d’une réflexion qu’elle a entreprise, il y a quelque temps déjà, avec son collègue David Dower, directeur des programmes artistiques du collège, sur l’accessibilité des arts en général et du théâtre en particulier.

Voici ce que j’en ai retenu:

  • Comment rendre le théâtre (ou d’autres disciplines) accessible à la fois aux artistes et au public?
  • Le théâtre s’adresse-t-il à une minorité d’amateurs (malgré les bonnes intentions des producteurs)?
  • Comment rendre les compagnies de théâtre et les lieux de diffusion plus inclusifs, plus accessibles?
  • Il faut d’abord définir les valeurs de la compagnie ou de l’organisation en affirmant, par exemple, que ses activités s’adressent à tous et en prenant des décisions en fonction de cette déclaration.
  • Cette notion « d’accessibilité » s’étend à la gérance des lieux (sont-ils accueillants? Êtes-vous accueillants? Qui y est bienvenue?), à la diversité sous toutes ses formes (dans l’équipe de gestion, sur scène et dans la salle), à la quête de l’excellence artistique et d’une conscience sociale (elles ne sont pas mutuellement exclusives), à une adhésion à part entière à la communauté, au quartier ou à la ville où on travaille, à un engagement à contribuer à cette communauté au-delà de l’offre de privilèges à quelques-uns et à tendre la main aux non-consommateurs.

Mme Carl aborde deux thématiques récurrentes dans les réflexions en cours:

  • Celle de la diversité des sociétés nord-américaine et occidentale composées de populations aux provenances et aux cultures variées. Les organismes artistiques monochromes et «monoculturels» qui desservent des artistes et des publics qui le sont tout autant ne peuvent s’attendre à ce que des membres d’autres communautés les fréquentent en grand nombre. Ces derniers doivent se reconnaître dans ces organisations et leurs activités ou ils les ignoreront. Gardez en tête que l’augmentation de la population canadienne passe, entre autres, par l’immigration.
  • Celle de l’engagement local, de l’appartenance manifeste des artistes et des organisations artistiques aux communautés dans lesquelles ils vivent et travaillent, au-delà des communautés artistiques auxquelles ils appartiennent. En ces temps de compressions budgétaires gouvernementales et de nécessité de diversifer les revenus et de rejoindre de nouvelles clientèles, la formulation de solutions doit d’abord se faire au niveau local. Ces solutions risquent d’être liées à la création de nouveaux partenariats, à l’établissement de nouveaux rapports et à la mise en œuvre de stratégies locales, plutôt que provinciales, territoriales ou nationales.

Ces deux thématiques peuvent être synonymes de changements importants au fonctionnement de plusieurs organismes artistiques, mais que voulez-vous? Il faut bien être de son temps.

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Denis J. Bertrand

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Motivations et obstacles à la fréquentation des arts

Le 12 janvier 2015 ; mise à jour : le 14 janvier 2015

Bonnée année à vous toutes et tous !

L’organisme américain National Endowment for the Arts vient de publier une nouvelle étude sur les motiviations et les obstacles à la participation du public aux arts.

En voici les principales conclusions :

  • Pourquoi les gens fréquentent-ils les arts ? 1) Pour socialiser avec des amis ou des membres de leur famille ; 2) Pour apprendre de nouvelles choses ; 3) Pour vivre une expérience artistique ; 4 ) Pour appuyer leur communauté.
  • Pourquoi les gens ne fréquentent-ils pas les arts ? 1) Manque de temps ; 2 ) Les coûts ; 3 ) L’accès ; 4) Personne avec qui partager une sortie.

Que faut-il retenir de ces constats ?

  • Vous devez d’abord renforcer les motiviations de vos clientèles en leur offrant des occasions de socialiser entre elles et avec vous avant ou après un événement, en partageant vos connaissances avec elles, en transformant vos activités en événements et en vous rappelant que vous faites partie d’une communauté qui s’étend au-delà de celle reliée à votre travail.
  • Le manque de temps est souvent synonyme de manque d’intérêt. C’est à vous de piquer la curiosité des gens en vous présentant auprès d’eux pour établir des liens entre leurs intérêts et ce que vous avez à leur offrir.
  • Les organismes artistiques établissent souvent les coûts de leurs billets ou de leurs produits sans se demander si ces prix sont abordables pour les clientèles visées. Pour le déterminer, il suffit de questionner ces consommateurs et de vous ajuster en conséquence (par exemple, en créant des forfaits pour les nouveaux clients). Vos fidèles clientèles comprendront que vous faites des efforts pour faciliter la participation de nouveaux adeptes.
  • Les difficultés d’accès et la solitude éprouvée par certains non-consommateurs sont souvent interreliées. Remédier à ces obstacles exigera des efforts supplémentaires de votre part qui peuvent être payants à long terme. Par exemple, vous pouvez créer des clubs de personnes seules ou de célibataires (pour différents groupes d’âge) afin de favoriser des rencontres entre elles ou créer un service de navette (à l’aide de bénévoles) pour faciliter le déplacement de personnes qui en ont besoin.

Il y a toujours des solutions. Il suffit de bien vouloir les explorer et les mettre en œuvre.

Pour de plus amples détails sur ces données, lisez cet article.

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Denis J. Bertrand

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Retour sur le Forum Jeunes et culture de la région de Québec (4 de 4)

Le 16 décembre 2014

Pour accéder aux billets précédents sur ce sujet, cliquez sur les liens suivants:

Passons maintenant à quelques pratiques exemplaires internationales en création de rapports entre les jeunes et la culture:

  • Le MacPhail Center for Music, aux États-Unis, a créé un comité consultatif jeunesse composé de 12 adolescents âgés de 13 à 18 ans. Ils ont chacun un mandat d’un an. Ils ont pour mission de rejoindre les jeunes et de leur donner le goût de s’inscrire à des cours de musique au Centre. De plus, ils en évaluent les programmes, formulent des recommandations, participent à la conception du matériel promotionnel destiné à la clientèle qu’ils représentent et se penchent sur d’autres dossiers pertinents. Les jeunes intéressés à siéger au comité doivent soumettre leurs candidatures. Ils sont choisis par le personnel du Centre. Il n’est pas nécessaire que les jeunes candidats fréquentent les lieux. En retour, ils doivent partciper à une rencontre mensuelle du comité. Ils reçoivent un dédommagement de 15 $ par réunion.
  • Des jeunes associés au Bonnefantenmuseum, de Mastricht aux Pays-Bas, organise la marathon muséal M2LIVE destiné aux 12 à 25 ans. Ils participent à toutes les étapes de cet événement qui s’étend sur deux jours et qui comprend des performances de jeunes artistes, des fins de soirée dansantes, la projection de films réalisés par des étudiants, des visites guidées du musée et des classes de maîtres avec des artistes. Les jeunes en font la promotion bouche à oreille. Résultat : quelque 5 000 d’entre eux participent annuellement au M2LIVE.
  • L’Europe propose quelques programmes de recrutement et de fidélisation de jeunes clientèles pour les arts, tels que la Carte Jeunes Européenne, le Bono Cultural et la KulturPass. Ces initiatives s’adressent bien souvent à des clientèles qui vivent dans une certaine précarité financière. Les organismes culturels participants leur offrent des entrées gratuites ou à peu de frais. Les personnes qui adhèrent à ces programmes doivent bien souvent réserver leurs places à l’avance.

Alors, que doit-on retenir des pratiques exemplaires locales et internationales qui ont été présentées lors du Forum Jeunes et culture organisé par le Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, le 3 décembre dernier ?

  • Tout organisme culturel qui veut rejoindre ou desservir les jeunes doit d’abord bien connaître cette clientèle.
  • Il a tout intérêt à consulter directement des représentantes et des représentants des groupes d’âge visés.
  • Il serait préférable pour lui d’impliquer des jeunes dans la conception, la promotion et de la livraison des activités qui leur sont destinées.

Quelles autres leçons retenez-vous de ces quatre derniers billets sur les jeunes et la culture ?

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Denis J. Bertrand

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Retour sur le Forum Jeunes et culture de la région de Québec (3 de 4)

Le 15 décembre 2014

Désolé pour le délai de parution entre ce troisième billet voué au Forum Jeunes et culture de la région de Québec et celui qui l’a précédé.

L’identification de pratiques exemplaires en création de liens entre les jeunes et la culture était certainement un des aspects les plus intéressants du Forum. Les exemples choisis étaient à la fois locaux et internationaux. Allons-y d’abord avec les interventions locales :

  • La compagnie de théâtre Les Incomplètes propose des parcours artistiques destinés aux parents et aux petits enfants appelés Sentiers. Parents et enfants participent à des activités conjointes qui ont pour but de leur faire découvrir le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels et les arts médiatiques en compagnie d’artistes professionnels.
  • Le Théâtre du Gros Mécano développe ses créations pour les enfants à l’aide d’une démarche Modul’AIR. Il se rend dans des salles de classe pour y faire la lecture d’une œuvre en développement et recueillir les impressions des élèves. En incorporant les enfants à son processus créatif, la compagnie a l’occasion de mesurer l’accueil qui pourrait être réservé à ses spectacles.
  • La salle de spectacle L’Anglicane propose à des étudiants du secondaire de visiter les Coulisses de la culture en explorant ses installations, en assistant à des répétitions, à des tests de son, à des rencontres avec des artistes et à son lancement de saison.
  • Le Festif est un festival de musique et d’arts de la rue créé par et pour des 18-35 ans, quoique tout le monde y est bienvenue. Sa connaissance de sa clientèle, sa présence sur les médias sociaux et l’efficacité de sa promotion bouche à oreille ont permis à cet organisme, doté d’un budget de 500 000 $, de générer 1,2 $ million en retombées économiques pour sa région.

Prochain billet : des pratiques exemplaires internationales.

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Denis J. Bertrand

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Retour sur le Forum Jeunes et culture de la région de Québec (2 de 4)

Le 5 décembre 2014

Accédez au billet précédent en cliquant ici.

Après les présentations de Pascale Picard et de Nicolas Jobin, c’était à mon tour de prendre la parole au Forum Jeunes et culture qui a eu lieu le 3 décembre dernier à Québec.

Je me suis rallié d’emblée aux propos de ces deux artistes, particulièrement à l’égard de la liberté de découverte et d’expérimentation qui doit être accordée aux jeunes pour qu’ils s’initient aux arts selon leurs intérêts et leurs préférences. Cela va à l’encontre évidemment du mode de fonctionnement des institutions auxquelles on impose bien souvent des apprentissages structurés. Il faut alors en revenir à la raison d’être de l’enseignement des arts : l’offre-t-on pour permettre aux élèves et aux étudiants de s’exprimer, de découvrir de nouvelles facettes de leur personnalité et ainsi contribuer à leur développement à titre de personnes à part entière ou pour meubler du temps dans un horaire quelconque ? Mais qu’en est-il alors de l’apprenrtissage des œuvres classiques et du développement d’une culture générale, m’a-t-on demandé ? J’ai d’abord répondu qu’imposer des œuvres qui intéressent peu les élèves risquent de les rebuter de la lecture ou de certaines disciplines artistiques. Après réflexion, je crois qu’il y a toujours de la place pour initier les jeunes à ces classiques, mais il faut leur expliquer pourquoi ceux-ci demeurent pertinents aujourd’hui (comme le fait le regretté Robin Williams dans cette scène du Cercle des poètes disparus).

J’ai mentionné ensuite certaines données portant sur la fréquentation des arts par les jeunes, tirées de l’étude sur la Diversité canadienne et la fréquentation des arts en 2010, et d’autres renseignements pertinents issus d’une étude sur la participation culturelle des jeunes Montréalais, produite par Culture Montréal. Il appert que les profils des jeunes consommatrices et des jeunes consommateurs des arts ressemblent beaucoup à ceux des adultes (formation postsecondaire, familles relativement bien nanties, plus de consommatrices que de consommateurs…).

Puis, j’ai parlé des caractéristiques de la Génération Y (les 18-35 ans), un sujet récurrent sur ce blogue, puisque le milieu artistique s’intéresse tout particulièrement à cette clientèle. C’est un groupe branché, organisé, économe, sociable, diversifié et mobile. Les générations qui le suivront le seront tout autant et même plus.

Outre offrir aux jeunes la liberté d’explorer, les institutions qui les desservent doivent :

  • Faciliter la participation des jeunes en éliminant les obstacles qui peuvent nuire à cet objectif.
  • Collaborer entre elles pour assurer aux jeunes un continuum de découverte et de formation.
  • Miser sur le développement personnel des jeunes plutôt que la transformation de ceux-ci en consommatrices et en consommateurs des arts (la consommation viendra d’elle-même).
  • Reconnaître et célébrer les succès des jeunes.

En guise de conclusion, j’ai souligné aux participantes et aux participants au Forum qu’il ne faut pas que de grandes initiatives pour intéresser les jeunes aux arts et à la culture. À titre de personnes intéressées à la question, elles peuvent profiter de rencontres et de contacts directs avec les jeunes, après les heures de bureau et pendant les fins de semaine, pour leur en parler. Chaque entretien peut faire une différence.

Prochain billet : quelques pratiques exemplaires en matière de participation des jeunes aux arts et à la culture.

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Denis J. Bertrand


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Retour sur le Forum Jeunes et culture de la région de Québec (1 de 4)

Le 4 décembre 2014

J’ai eu l’honneur d’être un des conférenciers invités au Forum Jeunes et culture qui avait lieu hier, à Québec. La rencontre était organisée par le Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches. Les participantes et les participants provenaient notamment des milieux des arts, de la culture et de l’éducation.

J’avais pour mandat de parler des pratiques culturelles de jeunes en réponse aux présentations de deux artistes invités : l’auteure-compositrice-interprète Pascale Picard et l’artiste multidiscipliniare Nicolas Jobin. Chacun d’eux devait répondre à la question suivante : qu’est-ce qui m’a donné le goût des arts ?

Pascale a expliqué que la musique était non seulement son métier, mais sa passion. Jeune enfant, elle écoutait les vinyles de ses parents qui lui ont acheté ensuite la musique qui lui plaisait. Son père jouait de la guitage. Elle avait accès aux pianos de ses grands-parents. Ce partage de connaissances avec les membres de sa famille a éveillé en elle une curiosité pour la musique. Entre temps, sa mère, grande lectrice, l’a initiée aux livres. Son premier spectacle à vie fut une prestation du Cirque du Soleil. Plus tard, elle assistait à son premier concert, mettant en vedette le groupe Green Day. Elle a développé un sens d’appartenance à des valeurs et à un mode de vie par l’entremise de ses idoles. Aujourd’hui, Pascale demeure une grande consommatrice d’arts et de culture (musique, téléséries, cinéma, lecture…). Selon elle, il est important d’exposer les jeunes le plus tôt possible aux arts et de leur offrir le plus de choix possibles en toute liberté.

De son côté, les parents de Nicoals aimaient la musique pop, mais pas n’importe laquelle : celle de Diane Dufresne. Malgré cette présence, Nicolas n’était pas un grand consommateur d’arts et de culture. C’est en poursuivant des études postsecondaires qu’il a découvert la musique classique, puis la musique contemporaine. Il a composé des œuvres pour le théâtre et la danse, dirigé des orchestres. Il s’est élevé contre le formatage de la culture pour en stimuler la consommation (exemple : produire des chansons qui doivent durer de deux minutes trente à trois munutes trente). Il a invité les participantes et la participants au Forum à permettre aux jeunes de découvrir leurs propres passages secrets vers les arts en les encourageant et en les aidant à surmontrer les défis qu’ils rencontreront. Après tout, a-t-il dit, les goûts et les habitudes se développent avec le temps.

Je vous parlerai de ma réponse aux présentations de Pascale et de Nicolas dans mon prochain billet.

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Denis J. Bertrand

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007 : des approches de marketing qui pourraient vous inspirer

Le 2 décembre 2014 ; mise à jour le 5 décembre 2014

Comme bien d’autres secteurs artistiques, celui du cinéma commercial doit aussi se démarquer pour capter l’attention du public.

Ainsi, les producteurs des James Bond, mettant en vedette Daniel Craig (photo) dans le rôle-titre, préparent le 24e épisode de la série. Le tournage n’a pas encore commencé, mais les producteurs organiseront un événement public pour dévoiler le titre du nouveau film et présenter des membres de la distribution.

Ainsi, tous les aspects de la création d’un film deviennent des occasions pour en faire la mise en marché, en diffusant des accroches (teasers), en tournant de courtes capsules vidéo avec Vine et en diffusant des informations tout au long de la production sur les médias sociaux.

D’autres artistes, producteurs ou diffuseurs peuvent en faire autant une fois que leurs projets sont biens définis. Il n’est pas nécessaire d’attendre la fin de ceux-ci pour les promouvoir.

En dévoilant progressivement des étapes de production, on soulève la curiosité du public.

Pour en savoir plus à ce sujet, cliquez ici.

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