Conseil des arts du Canada : l’engagement du public envers les arts demeurera une priorité

Le 15 avril 2014

Simon Brault (photo) sera le prochain directeur et chef de la direction du Conseil des arts du Canada (CAC). Lors d’une entrevue qu’il accordait ce matin sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première, il a eu l’occasion de réitérer son engagement envers le concept de la participation culturelle (l’engagement du public envers les arts). Voici ce qu’il a dit :

Le mandat initial du Conseil des arts (du Canada), qui date de 1957, est un double mandat : développer l’appréciation des arts et en soutenir la création et la diffusion. L’appréciation des arts a été oubliée, pas juste ici, mais un peu partout dans le monde. C’est une très grave erreur, parce que si on ne développe pas l’appréciation des arts, les artistes qu’on soutient et les organismes qu’on subventionne, si on ne développe pas la demande, l’offre devient absolument… (animatrice : « Est-ce que ce n’est pas au ministère de l’Éducation d’y voir ? ») C’est à tout le monde. Le Conseil des arts a une responsabilité à ce niveau-là. Je crois que le Conseil des arts n’est pas le véhicule principal pour développer ça. Je crois que penser de soutenir les arts en ignorant le public, en ignorant les gens, en ignorant les citoyens, c’est une très très grave erreur. Il y a trop de gens qui ont vécu dans cette espèce d’idée de l’art pour l’art. Moi, je dis que ce sera toujours l’art pour l’humanité, l’art pour la civilisation, l’art pour les citoyens. Ce sera toujours l’art et ce qu’on doit partager, c’est l’excellence artistique et non n’importe quoi. L’excellence artistique pour tous. Ça reste encore un très grand leitmotiv. En tout cas, ce sera le mien.

Je suis heureux de constater que l’engagement du public envers les arts demeurera une priorité au CAC. Pour survivre dans un environnement où les gens ont l’embarras du choix pour dépenser leurs revenus disponibles, les arts doivent se démarquer en tissant des rapports étroits avec le public. Sans ces liens, les gens iront se divertir ou réfléchir ailleurs.

« Merde ! », M. Brault.

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Denis J. Bertrand

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Le public sait ce qu’il aime

Le 11 avril 2014

Christine Quintana (photo) est la productrice artistique de la compagnie de théâtre Delinquent Theatre de Vancouver (CB). Elle raconte dans un billet récent ses expériences à titre de préposée à la billetterie d’un théâtre et parle de la qualité de l’accueil qui est parfois réservé au public. En voici les faits saillants :

  • Le public sait ce qu’il aime. Il y investit son argent. Il revient parce qu’il a aimé. Et s’il n’aime pas ? Il ne revient pas.
  • « Sortir » constitue un engagement. Les gens choisissent de sortir plutôt que de se reposer à la maison ou de faire autre chose. L’argent dont ils disposent pour se faire varie d’une personne à l’autre. Donc, sortir est un choix.
  • Au lieu de « cibler » des publics, pourquoi ne pas « engager» des publics ? L’engagement implique de la participation réciproque plutôt que de la passivité.
  • Les préférences des gens ne sont pas dictées par leur âge ou leurs revenus. Chaque personne a vécu son lot d’expériences. Celles-ci ont un influence sur leurs choix.
  • Votre lieu est-il accessible et accueillant aux personnes qui ont des handicaps physiques, visuels ou auditifs ?
  • Les gens aiment les spectacles vifs, vulnérables et honnêtes, peu importe le genre.
  • Vivez l’expérience que vous proposez à vos publics en les accueillant personnellement, en interagissant avec eux, en surveillant leurs agissements. Vous aurez alors une meilleure idée de leurs réactions à ce que vous leur offrez.

Voilà de sages observations et conseils. Pour ma part, je sais qu’il est possible de réapprivoiser une personne déçue par un spectacle, un produit ou un événement artistique ou sportif. Il s’agit de lui parler, d’identifier ce qu’elle n’a pas aimé et de lui proposer une nouvelle expérience à laquelle vous l’introduirez personnellement. Vous gagnerez ainsi sa confiance et une fois un tel rapport établi, elle sera plus ouverte à vos propositions.

Que pensez-vous des propos de Mme Quintana ?

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Denis J. Bertrand

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La conversation au service des arts et des sports

Le 9 avril 2014

Aimez-vous la télésérie américaine House of Cards, diffusée sur Netflix ? Elle raconte l’histoire d’un politicien, Frank Underwood (interprété par Kevin Spacey, sur la photo ci-haut), et de son épouse Claire (Robin Wright), deux personnes prêtes à tout faire pour atteindre leurs objectifs. Une ou un adepte de la série a créé un compte Twitter pour Frank Underwood, initiative qui n’est pas associée à l’émission. Cette personne a affiché, la semaine dernière, un gazouilli intéressant et pertinent au développement de publics. Je vous le traduis :

Le mot diffusé dans une oreille peut être plus puissant que le mot partagé avec un million d’oreilles. Il s’agit de connaître son auditoire. (gazouilli original : “The word spoken to one ear can be more powerful than the word spoken to a million ears. The trick is to know your audience.”)

C’est une référence évidente au bouche-à-oreille qui demeure l’outil promotionnel le plus important pour les arts et les sports. Cet énoncé témoigne aussi de l’importance de la conversation pour joindre et convertir les gens à notre cause. Enfin, il est préférable de s’adresser à quelques personnes à la fois plutôt qu’à la masse pour passer son message.

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Denis J. Bertrand

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Quelques trucs pour ramener vos nouveaux publics

Le 1er avril 2014

Convaincre une personne d’assister pour la première à un événement artistique ou sportif avec lequel elle est plus ou moins familière est un défi en soi, mais la persuader de revenir une autre fois l’est tout autant. Ma collègue Shoshana Fanizza (photo) a partagé récemment quelques conseils à cet égard. Les voici :

  • Insérez des notes de remerciements personnalisées dans les enveloppes qui contiennent vos billets ou vos produits, destinées à vos nouveaux consommateurs. Personnalisez vos courriels si vous n’utilisez pas la poste traditionnelle.
  • Les artistes peuvent en faire autant en joignant une note aux œuvres qu’ils vendent.
  • Faites un suivi auprès des nouveaux venus en leur adressant un courriel après leur passage chez-vous ou en les contactant par téléphone. Sondez-les sur l’expérience qu’ils ont vécue en votre compagnie. Apprenez à les connaître en vous familiarisant avec leurs préférences ou leurs habitudes de consommation.
  • Réinvitez-les personnellement.
  • Entretenez ces relations en communiquant occasionnellement avec ces personnes pour vous assurer de leur satisfaction.
  • Si le nombre de nouveaux venus est trop élevé, visez quelques personnes à la fois plutôt que l’ensemble d’un seul coup.

Shoshana prêche donc la personnalisation de vos communications avec vos nouvelles clientèles. C’est en établissant des rapports étroits avec vos consommatrices et vos consommateurs que vous les convaincrez de revenir plus d’une fois. Ignorez-les et ils risquent d’en faire autant à votre égard.

Quels trucs employez-vous pour ramener vos nouveaux venus ?

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Denis J. Bertrand

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À propos du vieillissement des publics des théâtres

Le 31 mars 2014

Le conseiller artistique du Festival TransAmériques, Martin Faucher (photo), a offert son point de vue sur l’absence de plus jeunes spectateurs dans les salles de théâtre au cours d’une entrevue qu’il accordait samedi dernier (29 mars 2014) à l’émission Culture Club, animée par René Hormier-Roy, sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première.

Les théâtres plus institutionnels, plus anciens, je crois qu’il y a un problème de vieillissement de publics. Je crois qu’il y a aussi un vieillissement des esthétiques théâtrales. Il faut faire attention. Il faut vraiment être de son époque. (…) Il y a aussi le facteur économique. C’est assez cher. Si on réussissait à réduire le prix des billets, je pense qu’il y aurait une plus grande fréquentation, parce que le défi pour quelqu’un qui a entre 25 et 40 ans, qui a fini l’école et qui a une jeune famille, c’est pas facile. Ça prend une certaine audace théâtrale qui n’est pas toujours au rendez-vous.

M. Faucher aborde plusieurs thématiques dans son intervention :

  • La pertinence de l’offre : tout producteur ou diffuseur peut s’interroger sur la qualité du produit qu’il propose et sa capacité d’intéresser les plus jeunes publics, une génération éduquée dont la consommation d’arts et de culture est influencée, entre autres, par les nouvelles technologies.
  • Le vieillissement des publics : il y a certaines disciplines artistiques auxquelles on accède en vieillissant, parce que nos goûts évoluent et parce qu’on dispose du temps et des moyens requis. Ces conditions, jointes au vieillissement général de la population nord-américaine, expliquent le vieillissement des publics. Par contre, les producteurs et les diffuseurs doivent se questionner sur leur volonté de joindre de plus jeunes publics et d’entreprendre les démarches et les changements nécessaires pour répondre aux attentes de ces clientèles.
  • Le coût des billets : une réduction du coût des billets peut aider, mais les 25-40 ans ont d’autres obstacles à leur participation aux arts, notamment les coûts associés à une sortie (ex., frais d’une gardienne, déplacement, stationnement, repas, temps, etc.). Si cette clientèle vous intéresse, sondez-la. Elle vous dira ce dont elle a besoin pour se présenter chez-vous. À vous de déterminer ensuite si vous pouvez l’accommoder en fonction de vos moyens.

Que pensez-vous des propos de M. Faucher ?

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Denis J. Bertrand

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Comment promouvoir un événement à l’aide des médias sociaux

Le 25 mars 2014

Des organismes artistiques avec peu de moyens ont recours aux médias sociaux pour promouvoir leurs événements et joindre de nouvelles clientèles. Voici leur recette :

  • Identifiez parmi vos amis Facebook ou vos abonnés Twitter, ou autres, celles et ceux qui y sont les plus actifs et qui possèdent le plus de disciples sur votre territoire.
  • Invitez-les à un lancement de saison, à une pratique (sports) ou à répétition (arts), à une avant-première ou à tout autre événement public que vous organisez et demandez-leur d’en parler sur leurs médias sociaux, en direct si possible.
  • Suivez-les et rediffusez leurs messages auprès de vos amis et de vos abonnés.
  • Répondez aux commentaires ou aux questions qui vous sont adressés directement ou par l’entremise de vos «invités». Rediffusez vos réponses.
  • Adressez des offres exclusives à vos amis et à vos abonnés. Selon des artistes qui font appel à ces approches, les rabais de 30 % sont les plus efficaces.
  • Demandez à vos collègues, artistes ou athlètes, de parler de vos événements sur leurs médias sociaux. Rediffusez ensuite leurs messages auprès de vos amis et de vos abonnés.
  • Demandez à une personnalité bien connue, active sur les médias sociaux, d’endosser votre événement, votre saison ou votre produit. Rediffusez.

Comment utilisez-vous vos médias sociaux et quels résultats obtenez-vous ?

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Denis J. Bertrand

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”Ça s’apprend, être spectateur.”

Le 24 mars 2014

J’assistais samedi soir dernier à la 41e Nuit sur l’étang, un festival de musique légendaire pour les francophones du Grand Sudbury, du Nord de l’Ontario et de la province. La soirée a été marquée par le retour du groupe En bref après 15 ans d’absence. Le chanteur du groupe, Yves Doyon (photo), a noté que bien des enfants étaient présents à l’événement. Il a félicité les parents d’introduire ainsi leurs enfants aux concerts. « Être spectateur, ça s’apprend », a-t-il dit.

Yves a bien raison. Il me semble qu’on apprend principalement de deux façons : par soi-même (autodidacte), poussés par nos intérêts ou besoins d’apprentissage ; ou avec l’aide d’autrui.

Que vous soyez actifs dans les arts, la culture, le patrimoine ou les sports, vous avez le devoir d’introduire vos publics à votre travail, à votre discipline, à votre processus créatif ou à votre fonctionnement afin qu’ils puissent mieux apprécier qui vous êtes et ce que vous faites. Ce partage vous permettra de tisser des liens avec vos interlocuteurs et de renforcer vos rapports avec eux au-delà d’un événement, de l’offre d’un produit ou d’une prestation.

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Denis J. Bertrand

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Une direction artistique entre dans un bar…

Le 21 mars 2014

La tentation en développement de publics est de joindre un nombre important de gens en même temps dans l’espoir de tous les convaincre de nous appuyer et d’acheter nos produits. Malheureusement, les choses se passent rarement ainsi. Le recrutement de nouveaux clients se fait souvent une personne à la fois. Lorsque cette personne vous aura découvert et manifesté son appréciation, elle sera prédisposée à parler en bien de vous dans son entourage. Voilà l’action que vous voulez initier : la promotion bouche-à-oreille.

Mais comment trouver de telles personnes ? C’est la question à laquelle mon collègue Clay Mabbit a voulu répondre dans son plus récent billet dont voici les faits saillants :

  • N’agissez pas comme si vous courtisiez une personne dans un bar. Vous risquez de vous fier à des approches maintes fois répétées, avec peu de succès.
  • Choisissez les bons endroits et les bons moments pour approcher les gens. Assistez, par exemple, à des événements similaires ou compatibles aux vôtres. Profitez-en pour engager des conversations avec les gens. Pas besoin d’être en mode «vente» dès le départ. Apprenez à connaître vos interlocuteurs et permettez-leur d’en faire autant à votre propos. Découvrez vos intérêts mutuels. C’est à ce moment-là que vous pourrez parler plus longuement de votre travail.
  • Soyez honnête. N’exagérez pas. Ne mentez pas.
  • Gêné-e ? Demandez à un particulier que vous connaissez de vous introduire aux autres personnes présentes.
  • Présentez-vous à ces événements en compagnie d’une personne déjà familière avec vous et votre travail qui pourra vous appuyer ou intervenir en votre faveur. Une ou un de vos fidèles clients, par exemple.
  • Invitez vos interlocuteurs à vous rendre visite pour qu’ils se familiarisent avec vos lieux ou à assisster à votre prochaine activité. S’ils acceptent, soyez sur place pour les accueillir personnellement. Souvenez-vous qu’ils ont accepté votre invitation et non celle de votre employeur.

Avez-vous d’autres approches à suggérer ?

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Denis J. Bertrand

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Sollicitez des appuis, mais rendez la pareille

Le 19 mars 2014

À une époque où le financement public des arts plafonne, à quelques exceptions près, depuis plusieurs années et que tous les organismes et toutes les entreprises artistiques veulent joindre de nouvveaux publics, les actions revendicatrices pullulent. Le milieu artistique veut démontrer aux décideurs qu’il jouit de l’appui d’une partie importante de la population, ce que des études récentes ont démontré d’ailleurs, pour justifier des hausses des budgets des conseils des arts et autres instances pertinentes. Outre la publication de telles données quantitatives, on veut aussi obtenir des données qualitatives, soit des témoignages de clients qui manifestent leur attachement envers un événement, un produit ou un organisme.

Si cette deuxième composante vous intéresse tout particulièrement, je vous suggère d’aller au-delà de la cueillette des témoignages usuels (ex., « Mon diffuseur de spectacles est bien bon ⁄ essentiel ⁄ irremplaçable, etc. ») pour démontrer plutôt comment votre travail, l’existence ou la présence de votre organisme ou de votre entreprise contribue activement à l’atteinte d’objectifs sociétaux dans votre communauté. Cette approche peut être reprise aussi par des organisations sportives. Par exemple, vos activités ont-elles amené de jeunes personnes à relever des défis personnels afin de poursuivre des études postsecondaires dans des domaines liés aux vôtres ? Avez-vous permis à des gens de sortir de leur isolement pour mieux s’intégrer à votre entourage et à la communauté ? De tels exemples, appuyés des témoignages des personnes concernées et de membres de leur voisinage, illustreraient clairement l’impact de votre travail.

Au-delà de cette sollicitation de bons mots à votre égard, rendez la pareille aux personnes qui vous appuient. Parlez publiquement de l’importance de leurs contributions à vos succès et remerciez ces clientes et ces clients fidèles sur lesquels vous pouvez toujours compter, tout en saluant les nouveaux venus qui marchent dans leurs pas.

Vous démontrerez ainsi que vous êtes un membre à part entière de votre communauté et que celle-ci se rallie à vous.

Pour en savoir plus, je vous recommande la lecture de ce billet.

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Denis J. Bertrand

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Des réponses à 3 objections au développement de publics

Le 10 mars 2014

Je parlais récemment avec des fonctionnaires qui m’assuraient que tous les organismes artistiques s’investissent dans le développement de publics. Je leur ai fait part de mon scepticisme à cet égard et leur ai rappelé qu’il ne faut pas confondre la promotion traditionnelle à laquelle tous les organismes font appel et la création de rapports étroits et soutenus avec les clientèles acquises et potentielles. Voilà ce qu’est vraiment le développement de publics.

Je mentionne cette conversation parce que j’ai été confronté récemment à trois objections au développement de publics en provenance de chefs de file du milieu artistique. Voici ce qui m’a été dit et ce que j’ai répondu :

  • « Nous n’avons pas les ressources nécessaires. » : avant d’affirmer une telle chose, livrez-vous à une évaluation de vos moyens. Voyez quelles actions ou quelles dépenses vous assumez sans qu’elles vous rapportent les dividendes escomptés. Songez plutôt à diriger ces ressources vers de nouvelles initiatives qui vous mettront en contact direct avec vos clientèles. Je recommande à mes clients d’entreprendre au moins une nouvelle action pour joindre de nouveaux publics. Êtes-vous capable d’en faire autant ?
  • « Je crains la réaction de mes publics acquis si de nouvelles personnes se présentent. » : expliquez à vos clientèles courantes pourquoi vous avez besoin d’en recruter de nouvelles. Demandez à vos adeptes de vous aider dans cette tâche. Revenez-en à votre raison d’être : existez-vous pour desservir uniquement un groupe limité de personnes ou pour desservir une communauté ou la population d’une région ? Quels engagements avez-vous pris auprès de vos bailleurs de fonds en matière de rayonnement de vos activités ? Comme toute chose, le changement se prépare et s’explique. Vous constaterez que vos supporteurs ne vous délaisseront pas si vous en faites vos alliés. Et en vous engageant dans le développement de publics, vous remplacerez celles et ceux qui vous quitteront et en recruterez d’autres.
  • « Ce n’est pas vraiment la responsabilité des artistes de s’engager dans le développement de publics. C’est une fonction qui relève des producteurs, des diffuseurs et des gouvernements. » : les défis auxquels sont confrontés les arts et la culture (plafonnement des publics et du financement, entre autres) ne peuvent être pris en main que par quelques personnes ou entités. Tous les intervenants du milieu doivent mettre l’épaule à la roue pour convaincre la population de l’importance et de la qualité de leur travail. Cette habitude de déléguer des responsabilités à d’autres me semble en voie de disparaître, même s’il y a encore des gens à persuader. Le billet du compositeur de musique symphonique américain, Kenji Bunch, est révélateur à cet égard.

Nous, les musiciens, sommes plutôt de drôles d’oiseaux. Nous parlons constamment de conscientisation avec un zèle de missionnaire, mais au fond, nous ne voulons pas vraiment joindre qui que ce soit. C’est une expression qui nécessite que nous tendions la main à une personne pour la rencontrer à mi-chemin ; un geste qui appelle au compromis et à une capacité de divertir d’un autre point de vue. Sentir que nous ne sommes pas appréciés et compris par les masses peut être pénible, mais c’est plus facile à avaler avec la couche protectrice qui accompagne un sentiment de supériorité. Je le sais, parce que c’est ce que j’avais l’habitude de faire. Je crois que les musiciens préféreraient sentir qu’ils font partie d’une élite avertie capable de se moquer de ceux qui en savent moins plutôt que de courir le risque de trouver un terrain d’entente avec autrui.

J’espère que les réponses à ces objections vous donneront matière à réflexion. Vos commentaires sont les bienvenus.

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Denis J. Bertrand

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